Activités ludéoéducatives
  • Personnes âgées
  • Personnes handicapées, ayant des troubles du comportement, de la conduite ou des troubles psychiatriques
  • Personnes autistes et TED, atteintes de psychoses infantiles
  • La personne en soins palliatifs
  • L’enfant hospitalisé
  • Description des séances

    Avant de débuter les séances de médiation animale, l’intervenant se réunit avec les professionnels en charge de la personne pressentie. Le but est, pour l’intervenant en médiation animale, une connaissance de la personne accueillie et de sa pathologie pour déterminer les bienfaits que pourraient lui apporter ces séances. Cette réunion de synthèse permet également à l’équipe de comprendre le but du projet et de préparer au mieux l’usager à cette nouvelle activité. Suite à cela, le professionnel intervient trois fois en séance d’observation. Des objectifs précis de travail sont alors mis en place pour l’année. Chaque personne dispose d'un programme défini selon ses objectifs. L’intervenant utilise un classeur par personne contenant les grilles d’évaluations, rapports, mais aussi le programme de chacun présenté de la manière la plus lisible pour l’usager (pictogrammes, photos, écriture). Après chaque séance, l’intervenant en médiation animale passe environ dix minutes pour remplir les grilles d’évaluation et le bilan de la séance. Un rapport est effectué tous les trois mois. Les séances sont faites d’alternances de travail :

  • « sur » l’animal : le soigner (travail en miroir au niveau du corps et de l’hygiène, travail de motricité fine), le nourrir, jouer, travailler le lien, la relation, la communication, l’apaisement, la relaxation
  • en compagnie de l’animal : activités ludoéducatives sur des supports toujours en lien avec le monde animal et des jeux créés par l’intervenant en médiation animale avec les photos des animaux médiateurs (puzzle, memory etc..), travail scolaire, travail de mémoire, visites médiatisées avec le psychologue ou encadrées avec le référent de la famille.
  • A l’extérieur : promenades et courses pour la responsabilisation, l’autonomie et la motricité, activités sportives, accompagnements lors des intégrations à l’école (pour les phobies scolaires), sorties avec les familles, accompagnements aux visites médiatisées.
  • Ces séances sont réadaptées en permanence, elles évoluent au rythme de la personne. Les sorties ne se font qu’après discussion et évaluation avec les professionnels en charge du patient. L’intervenant choisit les animaux et leur nombre en fonction des objectifs à travailler pendant la séance. Ils peuvent être différents d’une semaine à l’autre (tous les animaux sont connus des patients).

    A quel public s’adresse la médiation animale ?

    1/ Personnes âgées

    La présence de l'animal permet de maintenir la personne âgée en contact avec la réalité en améliorant ses capacités d'attention, de mémoire, de concentration et de discernement. On peut qualifier la médiation animale d'activité prothétique, qui vise le soulagement de la détresse émotionnelle, la promotion de l'estime de soi et l'encouragement à la communication. La médiation par l'animal constitue une approche globale de la santé et du maintien de l'autonomie chez la personne âgée, elle procure une grande variété de stimulations grâce à l'animal, capable de réciprocité et d'affectivité. La médiation animale rend possible la réalisation d'activités adaptées aux besoins et demandes des personnes âgées à différents stades de leur autonomie.

    A. La personne âgée en structure d'accueil
    La personne âgée, notamment si elle est nouvellement admise en structure, présente généralement une diminution de ses capacités physiques et/ou cognitives, elle éprouve alors une perte au niveau de son autonomie fonctionnelle psychosociale. Ces régressions ont souvent des répercussions au niveau psychoaffectif. Cette nouvelle situation la perturbe, elle se sent diminuée et perd son rôle social actif.
    L'objectif principal de la médiation par l'animal est alors de regagner l'estime de soi. Cette estime de soi passe par le maintien de l'autonomie fonctionnelle, par une stratégie de stimulation globale sur les plans cognitif, physique, psychologique, social et sensoriel. Par l'animal, l'intervenant encourage l'optimisation des capacités fonctionnelles, la personne exerce sa liberté de choix et manifeste ses préférences parmi une multitude d'activités à réaliser. Il s'agit donc de proposer des activités significatives pour l'intervenant professionnel mais également sources de plaisir.

    Les aptitudes visées sont très souvent liées entre elles :
  • La mobilité, en donnant du sens à une promenade avec le chien et travailler la marche, l'équilibre et le maintien des capacités physiques en donnant du sens et un objectif aux sorties.
  • Le langage, l'expression, la communication, entre la personne et l'animal, avec l'intervenant ou l'entourage et la famille ou encore avec d'autres personnes rencontrées lors des sorties et attirées par l'animal.
  • La mémoire, dans un premier temps en ravivant des souvenirs en lien avec d'anciens animaux de compagnie, puis au fur et à mesure des séances, travailler sur les souvenirs proches, le nom de l'animal, la mémorisation des consignes, les activités réalisées, les personnes rencontrées lors des sorties…et ainsi maintenir autant que possible le lien temporel avec la réalité.
  • La motricité fine, stimuler la personne surtout ce qui lui permet de conserver la capacité à effectuer les gestes du quotidien (la perception de la transversalité est primordiale) : brosser et caresser le chien pour la motricité fine, pour la mobilité du poignet, se pencher pour lui mettre un collier et travailler l'équilibre et la verticalisation, jouer à des jeux de tirage de corde pour le maintien de la praxie, jouer au lancer de balle pour la mobilité des articulations…
  • L'apaisement, l'animal permettant à la personne de créer des liens affectifs en dehors de tout code social, elle peut se laisser aller spontanément à des gestes affectifs, elle peut donner du sens à l'envie de faire plaisir à l'animal et ainsi se donner un rôle, une fonction. L'animal toujours reconnaissant lui renverra spontanément l'affection reçue.
  • D'autres objectifs peuvent être mis en place en fonction des demandes et besoins individuels. Il n'y a pas de limite à l'adaptation de l'animal et du professionnel, car l'animal pour une personne demandeuse est toujours source d'apaisement, d'affection, de plaisir et un stimulant instantané.

    La motivation du résident est décuplée par le réconfort de l'animal et le côté ludique de l'intervention qui laisse la place à la spontanéité du geste et aux rires. L'animal amuse et procure du plaisir, ce qui crée des liens affectifs avec la personne ainsi qu'avec l'intervenant et les membres de l'équipe encadrante qui participent à l'intervention. L'animal constitue, pour la personne en perte d'autonomie, une excellente source de volonté pour fournir les efforts nécessaires à l'accomplissement d'activités et d'exercices nécessaires au maintien, dans la mesure du possible, des capacités et aptitudes globales.

    B. La personne âgée à son domicile

    L'objectif de l'intervenant en médiation par l'animal est de proposer à ces personnes des stimulations qui préserveront un potentiel d'autonomie suffisant pour le maintien à domicile. Les personnes âgées, notamment celles vivant seules, peuvent perdre l'envie de garder un rythme quotidien (se lever, se laver, préparer des repas, communiquer, etc.). Elles ne mettent plus de sens à leurs activités, ne donnent plus de valeur à ce qui n'est plus partagé, elles perdent leur « utilité sociale ». A travers les activités proposées, les objectifs sont de :

  • Rompre l'isolement social,
  • Dynamiser et moduler le rythme quotidien,
  • Travailler et/ou maintenir l'autonomie,
  • Valoriser la personne dans des activités variées et stimulantes.

  • Les activités et objectifs proposés sont les mêmes que ceux cités précédemment pour les personnes vivant en institution.

    C. La personne âgée ayant des troubles cognitifs

    Les capacités relationnelles de la personne âgée qui présente des troubles cognitifs sont en général altérées. Elle exprime ses besoins plus difficilement et si des stratégies stimulantes de communication ne sont pas mises en place, elle risque de se replier sur elle-même et de s'isoler. Les interventions avec l'animal, en plus d'animer et dynamiser le quotidien, ont pour objectif d'encourager l'interaction avec l'environnement proche et de satisfaire les besoins de communication.
    Lorsque la personne âgée présente des symptômes psychologiques et comportementaux en lien avec des troubles cognitifs, l'intervenant utilise des stratégies de diversion par l'animal afin de capter son attention, d'atténuer son agitation et son anxiété et de l'amener dans « l'ici et maintenant » pour lui permettre de s'engager dans des activités et de maintenir son attention. La mise en place d'un programme d'intervention passe par le respect de l'individualité de la personne âgée en utilisant une approche personnalisée. Le rôle de l'équipe encadrante est primordial puisque c'est elle qui transmet à l'intervenant le profil du résident et son histoire, l'informe de la condition physique et psychologique de la personne suivie, en expliquant le sens qu'elle attribue à ses comportements. La médiation par l'animal consiste aussi à créer du lien avec la réalité, à situer la personne âgée dans un rituel avec un rythme d'intervention qui l'aide à se repérer dans le temps.
    « L'animal stimule les relations avec les autres et diminue le sentiment de solitude des résidents atteints de démence ».

    Une étude datant de 1989 (Kongable, Buckwalter et Stolley) a permis d'évaluer les effets de la présence d'un chien sur les comportements sociaux de douze résidents de maison de retraite. Cette étude a conclu que « les activités sociales augmentent en présence de l'animal avec beaucoup d'échanges verbaux entre résidents. Les conversations sont plus longues et les touchers plus présents, l'animal est alors un interlocuteur social, associé à l'intervenant, envers qui sont dirigés sourires, regards, touchers et paroles. Cependant, l'animal seul ne suffit pas à provoquer les comportements sociaux entre les résidents. C'est le professionnel qui oriente les interactions, propose des sujets de discussion et favorise les rapprochements ».
    Parmi les maladies les plus fréquemment aidées par la médiation par l'animal, on trouve la maladie d'Alzheimer, avec les troubles significatifs qui lui sont attribués :

  • Troubles de la mémoire
  • L'aphasie (perturbation du langage)
  • L'apraxie (altération de la capacité à réaliser une activité motrice)
  • L'agnosie (impossibilité de reconnaître ou d'identifier des objets)
  • Perturbation de la fonction exécutive (faire des projets, organiser, ordonner dans le temps, avoir une pensée abstraite)
  • 2/ Personnes handicapées, ayant des troubles du comportement, de la conduite ou des troubles psychiatriques

    On peut intervenir avec la médiation par l’animal auprès des personnes ayant des handicaps, enfant ou adulte, qu’ils soient sensoriels, moteurs, intellectuels et/ou mentaux. La règle fondamentale d’un programme mis en place pour une personne handicapée est de l’observer sans à priori. Cette observation précise est extrêmement importante pour interpréter ses comportements sociaux. Il est donc important de comprendre les spécificités des handicaps et déficiences. Les trois premières séances de médiation sont basées sur l’observation des contacts qui vont naturellement se créer avec l’animal et ensuite sur la construction d’ateliers spécifiques en fonction des liens qui se créeront. Ces séquences d’observations sont ensuite analysées avec l’équipe encadrante et l’entourage afin de mettre en place un programme individualisé.

    Dans le cadre du projet individualisé, des séances spécifiques sont proposées en fonction d’objectifs d’acquisition et/ou d’apprentissage, en lien direct avec l’animal (le brosser, faire un circuit d’habilité avec lui) ou indirect (images d’un livre, histoire, jeu de scénettes). Les séances doivent permettre de développer la coordination motrice, d’augmenter le contrôle des émotions, de favoriser la communication, de gérer la concentration. L’animal s’avère être un outil précieux pour diminuer la tendance au retrait de la personne handicapée. A contrario, il permet l’apaisement des personnes hyperactives. Il facilite l’entrée en relation. On peut aussi utiliser la médiation par l’animal lors de séances pédagogiques. L’animal devient un prétexte pour l’apprentissage de notions telles que le vocabulaire, l’acquisition de la lecture et de l’écriture, la physiologie, l’éveil à l’environnement…Toute autre matière peut être abordée en utilisant l’image de l’animal. De plus, l’aspect ludique rend l’activité stimulante. L’animal, en tant que dérivatif de l’anxiété, permet l’expression des émotions et la libération des angoisses et ainsi un meilleur accès aux apprentissages. Les animaux favorisent l’attention et la collaboration, ils aident les participants à se responsabiliser et à découvrir leurs capacités et compétences.

    3/ Personnes autistes et TED, atteintes de psychoses infantiles

    Pour ces personnes, la plus importante des difficultés est la communication avec l’autre ou son environnement. Ces troubles peuvent être plus ou moins importants, ils évoluent avec la maturation cérébrale, l’éducation, le travail psychothérapeutique, mais resteront toujours présents. Plus de 70% de ces personnes présentent un retard mental, ils ont un déficit d’attention, notamment d’attention conjointe (regarder le même objet que vous). Ils ont aussi des troubles de la symbolisation et l’imitation. L’autisme est une défense, une protection devant un environnement perçu comme agressif et ingérable, notamment à cause d’une difficulté à distinguer l’extérieur de l’intérieur de l’enveloppe corporelle. Cela entraîne chez eux des comportements et des centres d’intérêts restreints, stéréotypés et répétitifs. Par le travail de contact avec l’animal, on permet à la personne autiste ou atteinte de TED de se différencier des éléments environnants tout en limitant son angoisse de contact et d’échange. Ils peuvent accepter la découverte, accompagnés par l’animal. Le brossage d’animaux comme le chien ou simplement les caresses permettent aux personnes de percevoir leurs propres limites physiques. Ceci par la possibilité de contact sans sensation d’agression, de pouvoir se rassembler, limiter sa perception de morcellement en percevant ses propres limites corporelles. En ayant une meilleure perception de ses limites corporelles, la personne autiste peut accéder plus facilement à la différenciation intérieur/extérieur et donc au moi/non moi par les jeux de contact avec l’animal. Dans la continuité de la perception de soi, on peut par exemple, travailler sur l’apprentissage du schéma corporel des animaux, pour ensuite pouvoir se percevoir soi-même.

    On peut ensuite, travailler la motricité et la motricité fine par le soin et les activités spécifiques en fonction des races d’animaux.
    Les objectifs généraux des séances de médiation par l’animal auprès des personnes autistes ou atteintes de TED sont :

  • La diminution des angoisses
  • L’amélioration des liens sociaux et d’échange
  • L’amélioration des capacités motrices
  • L’amélioration de la fonction langage
  • La diminution des troubles somatiques
  • L’amélioration des capacités cognitives
  • L’apprentissage de l’autonomie
  • 4/ La personne en soins palliatifs

    Pour ces personnes, les besoins essentiels sont le réconfort physique et psychologique, l’animal est un vecteur d’apaisement immédiat, il aide aussi à instaurer un climat de confiance autour de lui. Grâce à la chaleur de l’animal mis au contact de la personne en soin palliatif, on constate un apaisement, la réduction de l’anxiété par l’expression des émotions et des inquiétudes, une source de joie et de lien entre les résidents et les soignants. L’intervenant est alors à l’écoute et disponible pour recueillir les émotions et apporter du réconfort.

    5/ L’enfant hospitalisé

    Les enfants atteints d’un cancer, de problèmes cardiaques ou toute autre pathologie doivent faire face à la maladie et à de fréquentes hospitalisations, recevoir des traitements agressifs et en subir les effets secondaires. La combinaison de ces facteurs anxiogènes peut entraîner des effets au niveau psychoaffectif, psychomoteur et psychosocial. Il en est de même pour les enfants ayant été victimes d’accidents. Médipattes propose des interventions autour du soin de l’animal, du jeu, du câlinage.
    Le but premier étant que l’animal comme médiateur apporte du plaisir à l’enfant ainsi qu’un apaisement:

  • La valorisation, l’affection et la motricité avec les jeux de rappel, de balles et d’obéissance et le soin apporté à l’animal.
  • L’apaisement avec les temps de relaxation avec les animaux.
  • L’accompagnement vers l’apprentissage qu’il soit scolaire ou vers l’autonomie.